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La source serait là, une source. Elle préfère le mot source au mot racine. Elle a beaucoup retourné ces questions quand elle avait trente ou quarante ans. Elle sait que sa sœur et son frère s'arrangent aussi comme ils le peuvent avec cette maison des petites années, la cour et l'érable, Fridières et le reste. Elle les retrouvera dans une heure, avec les nouveaux propriétaires, chez le notaire de Murat pour signer la vente de la maison. Elle pense que c'est le dernier acte et s'en voudrait presque de ne pas pouvoir remplacer ce terme un peu grandiloquent, qui lui tombe dessus dans la cour vide, par un autre, plus neutre, plus dégagé ; la dernière étape, la dernière démarche, la dernière formalité. Ils liquident, ils liquident l'héritage, ils ont été les trois héritiers du père. Claire respire l'odeur tiède et sucrées des feuilles alanguies. Alangui est ridicule, elle le sait, mais elle laisse ce mot monter et la déborder. Personne n'a jamais vraiment été alangui dans cette cour, en tout cas personne qu'elle connaisse. Elle se prend à espérer que quelqu'un l'ait été avant eux et à souhaiter que quelqu'un puisse l'être après eux, les cinq, vissés là pendant une poignée d'années, et le père ensuite, fort peu alangui et seul en son fief, quasiment jusqu'à la mort.

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LES SOURCES

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une lecture solidaire

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