
Le soir du chien
Dès son premier roman, l’écriture de MHL est en place, elle pèse sur le texte.
Le poids des mots, des non-dits et des trop dits, des médisances.
Le poids de la ruralité de ses traditions de ses obligations.
Le poids de l’histoire celle des veuves, des pendus et des filles mères.
Au milieu de cela surgit un ange roux , la douce et trop belle Marlène, c’est-à-dire marie Hélène,elle est silencieuse, elle lit, elle aime, elle est différente, tout le monde est d’accord là-dessus, surtout Laurent.
Mais « on ne s’habitue pas à ce pays… ça devenait parfois comme une maladie », C’est alors , que survient le soir du chien, et finalement il faut bien constater que « le sang ne se perdait pas, elle ressemblait à sa mère, on n’y pouvait rien »
JLDV 06/26

Mo c’est Mohamed, il vit seul avec sa mère et s’en occupe bien, c’est un esprit simple mais il perçoit tout. Quand on se moque de lui, quand on profite de lui.
Il est apprécié dans son travail, au centre commercial, le grand moment de sa vie c’est quand il rencontre Maria qui est serveuse à la boulangerie.
Roman assez court comme souvent avec MHL , très dense avec une écriture qui renait à chaque fois à travers ses personnages.
JLDV 06/26

HISTOIRE DU FILS
Tout commence par un accident dramatique, de l’ordre de ceux qui impactent l’histoire d’une famille. Puis apparait André, qui est lui-même un accident, un fils de père inconnu qui a pourtant deux mères, Hélène et Gabrielle. Deux sœurs, deux belles personnes si différentes mais tellement proches, elles forment la poutre qui soutient la famille. André subit le gouffre de Padirac, le trou du père, c’est un héros, va-t-il parvenir à changer le cours de l’histoire ? Quand les ratons laveurs lui mordent le cœur, il respire un grand coup c’est ce que lui a conseillé Hélène.
. Ce roman est une symphonie familiale, une ode à la vie simple et aux liens inattendus qui reconstruisent, La ramification des personnages est subtile, le récit n’est ni sombre ni embelli, il a le gout de la vérité.
JLDV 06/26

LES SOURCES
Bienvenue à la ferme et à la vie à la campagne. Il y a la ferme, il y a les 3 enfants Isabelle Claire et Gilles. Il y a la mère qui est Elle, et le père qui est Lui et qui la corrige, la cogne dedans, dans le ventre, qui frappe dans le « tas ». Combien de temps pour oser se rebeller pour oser partir, prendre le risque que ses enfants deviennent les enfants de la Marissou, la divorcée. On n’est pas étonné de retrouver l’écriture ciselée de Marie hélène Lafon, le cadre de la vie rurale dans le Cantal, mais l’émotion ici est plus intense que dans ses autres romans. Ce petit livre se lit d’une traite, en retenant sa respiration
JLDV 06/26

L'ANNONCE
MHL continue d’explorer le mode de vie rural, la difficulté du quotidien, les exigences de la terre. Mais ici elle utilise le regard neuf, celui de Annette qui vient du Nord et débarque dans une ferme du Cantal avec son jeune fils. Sa venue est la conséquence d’une annonce qu’a osé écrire Paul, paysan, la quarantaine, que tout le monde voyait rester célibataire. Le monde rural a ses règles ses obligations, qui ne sont pas forcément accueillantes pour une jeune femme qui vient de la ville.
L’écriture ciselée de MHL est une multitude de petites séquences colorées qui apparaissent, virevoltent, s’enchevêtrent, et enrichissent peu à peu le récit qui se construit ainsi d’une succession de palettes de vie. C’est assez éblouissant, et la lecture de ce petit livre nécessite une attention minutieuse et soutenue.
JLDV 06/26

Je crois que mon père le disait sans violence et sans amertume; il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie; les gestes du matin, par exemple, les premiers au sortir du lit, la radio en sourdine la ceinture du peignoir le rond bleu du gaz sous la casserole le capiton usé des pantoufles les cheveux que l'on démêle avec les doigts, les gestes du matin font entrer dans les jours, ils ordonnent le monde, ils manquent si quelque chose les empêche, on est dérangé.
NOS VIES
Dans ce roman Marie-Hélène Lafon ne se cantonne pas à une minutieuse scène champêtre dans le Cantal. Cette fois apparait dans le monde habituel de l’auteur, un archange, la fameuse, la formidable Gordana , la caissière de Franprix accompagnée de Horacio le client amoureux transi qui jamais n’osera lui adresser la parole. La narratrice les observe tous les deux, chaque semaine, le trio reproduit le même scénario à la caisse 4 du Franprix. La narratrice qui est une simple cliente du magasin, fait un véritable travail de fiction et d’imagination pour comprendre et faire vivre Gordana, et ce travail est celui de l’auteur qui se cache derrière la narratrice. En alternance celle-ci nous dévoile également des lambeaux de sa propre histoire familiale. Ce roman est d’ailleurs issu du montage de deux textes complémentaires.
On retrouve l’écriture ciselée de Marie Hélène Lafon, l'usage du mode conditionnel est ici très important, il est utilisé comme potentiel narratif .
Le sourire de Gordana éclaterait comme un pétard de 14 Juillet. On ne la voit pas sourire. On imagine. On reste au bord de ce que doit être ailleurs, dans une autre vie, le sourire dégoupillé de Gordana. Et son rire. Un rire de gorge, grave, rauque, presque catastrophique. Un rire acrobatique et très sexuel. Le cou de Gordana est long,

Joseph travaille dans les fermes, après la mort du père et le départ de la mère, il est devenu ouvrier agricole. Il est très apprécié car il sait y faire avec les bêtes. Il loge chez les patrons, il entend tout il voit tout, il n’a pas fait d’études mais les chiffres sont ses amis. C’est le témoin d’un monde rural qui s’estompe, il sera l’un des derniers, modernité oblige.
La ruralité est partout dans ce roman, dans les odeurs, les bruits, jusque dans le style de MHL qui est adapté au personnage central. Les mots sont choisis pour incarner. . L’écriture méticuleuse et très belle nous dévoile des vies assez simples, nichées dans les petits villages du Cantal que l’on retrouve dans presque toute l’œuvre de MHL. Juste la vie de femmes et d’hommes JLDV 06/26
Il prenait un peu plus de temps le matin pour surveiller à cause de la lumière qui était bonne à cette heure-là pour tout voir, surtout en décembre ou au début de janvier quand les jours étaient si courts et que les vaches ne sortaient pas, ce qui gênaient pour bien vérifier.